On attendait son retour avec impatience. Lily Allen est là, de retour, avec It’s Not Me It’s You, , prête à botter le cul du premier à lui dire qu’elle est trop grosse, qu’elle est bourrée, et qu’elle a des cheveux roses. On lance le disque, et c’est parti.
Le ton est déjà donné. Electropop à fond les ballons, on retrouve Greg Kurstin de The Bird & The Bee, qui y a mis de sa patte. Il était déjà là pour le premier album, et on le retrouve à la production de cet album. Ses beats rythment à merveille ce disque, lui donne consistance, et quelque chose sur quoi reposer. Ils sont à la fois étranges, sans être dérangeants, uniques, sans vraiment innover. C’est ce à quoi l’on s’attend venant d’une boite à rythmes.
Elle règle également ses comptes ici: elle dénonce, elle accuse. Au sommet de sa forme, Lily nous balance un Everyone’s At It, puissant, parfait pour ouvrir cet album. Elle n’est pas non plus innocente, mais ne le renie pas, et pour cause, Lily Allen traite, pour notre bonheur, d’un sujet majeur: elle-même. On peut déjà noter l’une des premières forces de cet album: les textes, de toute évidence, quasiment tous autobiographiques, honnêtes, plein d’humour, qui nous montrent une Lily parfois très fleur bleue (Who’d Have Known), en opposition avec la jeune fille engagée (Fuck You, Him), franche (Never Gonna Happen), et surtout désillusionnée (22, The Fear).
Nous avons donc entre les mains l’un des rares disques pop du moment, qui n’ennuie pas au bout de trois écoutes. Il faut remonter à 2007 pour revoir ça, avec Nelly Furtado (Loose), I’m From Barcelona en 2006 (We’re From Barcelona), et encore Lily Allen (Alright, Still). Cette fille est une force, tant dans les textes, où elle mêle rêves, exigences, ironie et sarcasme (c’est délicieux), ou dans la composition, qu’elle tente d’assurer.
La plus grosse faiblesse de l’album? Des refrains, énormément répétitifs, auxquels on a du consacrer trois minutes d’écriture. Peu importe, les couplets sont très consistants, et quelques joyaux sont à extraire de cet album: Everyone’s At It, The Fear, I Could Say, Who’d Have Known. Rajoutons à cela mes préférées: Chinese, Him. Et pensons également à He Wasn’t There, et son ambiance rétro, mais plus faible que les autres.
On apprécie également l’énorme promo à coté du disque : des chansons distribuées à tout va via myspace et le site officiel. Ajoutées à cela, le disque prend une densité assez importante, et c’est très plaisant d’avoir tant de matériel à écouter. It’s Not Me It’s You est donc une réussite, certes critiquable, mais les points faibles sont mineurs, alors on en redemande! Mais la miss doit se méfier, les révélations Little Boots et La Roux pourraient la détrôner en cette année 2009.