Un an que nous patientions pour revoir les Stuck in the sound! Après avoir ouaier et coller des affiches, l’attente est enfin finie. Le second album livré en Janvier, ils entament une tournée en France en collaboration avec les énormément prometteurs Adam Kesher. Que d’excitation pour les kids qui veulent danser et suer!
J’étais très sceptique quant à la présence de Welling Walrus en première partie du concert. Tout cela n’était que préjugé! Le jeune groupe lyonnais nous a présenté un set très commode: contrefaçon d’Arctic Monkeys majoritairement, avec quelques influences The Film, Christophe Maé et Babyshambles. On peut leur reprocher un manque total d’originalité, mais ils ont assuré leur rôle: nous faire passer une première partie assez peu désagréable. On a vu pire.
Les Adam Kesher enchainent assez rapidement. Knock Myself Out. Assez étranges, leur show se déroulera dans une transe électronique, synthétisée, apparemment convoitée. Local Girl. Dans un style assez épuré, ils revisitent leur courte – mais intense discographie. Ladies, Loathing & Laughter. Ces mecs dégagent une énergie bizarre: plus qu’électronisant la foule, ils sont eux même dans un état assez inquiétant. P. Katerine. Ils se discréditent cependant lors de maigres et pauvres interludes (“ça parle de filles”), et pourtant, créent un mystère à la fois simple et complexe à la fois. I Wanna Bark. Comme beaucoup de films chinois, tout réside dans le non-dit. & Then Our Thoughts Became Old Again. Cela n’enlève rien à leur prestation remarquable, en ajoutant une aura et en perdant le mythe qu’ils possèdent.
Stuck. Eux, ils arrivent à la fois à avoir une image de gens simples, et pourtant très manichéens. Je prends pour exemple le génial leader, JRF: lui, il y a autour de lui l’image d’un mec sombre, encapuché, barjo et splendide, CHA-RIS-MA-TIQUE surtout. Il continue pourtant à rester à la fin du concert, pour vendre ses disques et tshirts, signer, parler surtout. Plus que le héros en lui, sous sa capuche, il y a l’homme qui attend pour recevoir les avis, positifs ou non, sur ce qu’il fait. Ca a l’air mal dit, mal écrit en fait, mais c’est la façon dont je vois les choses, que ce soit des illusions ou des fondements dans l’idée de Vérité. (Et puis, pendant qu’il papote, les autres mecs du groupe rangent leur matos.)
Toujours est il que, c’est surtout le groupe que j’ai vu en concert. Et là mes cocos, ça devient grandiose. L’apothéose musicale. Si le groupe précédent offrait un son assez brut, là tout devient raffiné. Tout y passe, tout est ratissé. Autant les tubes que les petites dernières. L’efficacité est parfaite, et c’est du grand spectacle. JRF, au sommet de sa forme, s’agite, anime, chante (eh oui aussi), saute, se cache, danse…. Et j’en passe. Un Gad Elmaleh de la scène rock (piètre comparaison, c’est triste). Pour donner une petite idée de la setlist : ToyBoy, (it’s) Friday, OUAIS, Zapruder, Dirty Waterfalls, Cramp Push & Take it easy, Shoot Shoot, Delicious Doooooooog…. Grande interprétation pour un grand groupe. Fierté nationale. Que l’on nous enseigne du Stuck plutot que du JJGoldman (du vécu).
Quelle folie cette soirée. Rencontre avec des faux Arctic Monkeys, des ovnis musicaux, et des demi dieux. Ce devrait être le minimum correct exigé à chaque concert. On apprécie ainsi d’autant plus le concert, car ça n’est pas toujours le sac, et l’on se satisfait de l’expérience (géniale) ressentie.